Orizonte Pro

Site professionnel de l’Office de Tourisme Intercommunal Calvi-Balagne en Corse

Orizonte Pro

Site professionnel de l’Office de Tourisme Intercommunal Calvi-Balagne en Corse

Le 2 avril 2026, l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC) organisait une nouvelle rencontre du Club des écolabellisés, un rendez-vous désormais incontournable pour les professionnels engagés dans une démarche de tourisme durable. Organisé cette année en Costa Verde, ce rendez-vous annuel réunit les hébergeurs labellisés, les candidats à la démarche, ainsi que les acteurs…

By

Club des écolabellisés : l’union fait la force

Le 2 avril 2026, l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC) organisait une nouvelle rencontre du Club des écolabellisés, un rendez-vous désormais incontournable pour les professionnels engagés dans une démarche de tourisme durable.

Organisé cette année en Costa Verde, ce rendez-vous annuel réunit les hébergeurs labellisés, les candidats à la démarche, ainsi que les acteurs institutionnels. Il s’inscrit dans la volonté de structurer un réseau et d’accompagner la montée en qualité de l’offre touristique.

Présente sur place, Anne-Marie Piazzoli, notre directrice, représentait l’Office de Tourisme Calvi-Balagne, fortement impliqué dans ces enjeux.

L’écolabel européen : un choix pertinent pour la Corse

Depuis 2021, l’ATC a fait le choix de s’appuyer sur l’écolabel européen pour accompagner les hébergeurs vers des pratiques plus durables.

Un choix réfléchi, comme l’explique Jean-Louis Moretti, responsable du pôle Ingénierie et Développement de l’ATC : 

« On s’est dit qu’il fallait un outil, quelque chose qui encadre le travail à réaliser. On s’est arrêté sur le choix de l’écolabel européen, parce que pour nous, il présentait le plus grand nombre de qualités. »

Ce label, porté par la Commission européenne, offre un cadre reconnu, exigeant mais accessible. Il permet d’inscrire les démarches des professionnels dans une logique commune, lisible à l’échelle européenne.

Les résultats sont significatifs : en quelques années, la Corse est passée d’une dizaine à une cinquantaine d’hébergements labellisés, avec une dynamique toujours en progression.

De la volonté politique aux actions concrètes

L’un des points forts de cette démarche repose sur les moyens engagés pour accompagner les professionnels.

Jean-Louis Moretti insiste sur cet aspect :

« Souvent, on parle de volonté politique dans le discours. Là, c’est une illustration : c’est lorsque l’institution décide de mettre des moyens importants sur un sujet. »

Dès le lancement en 2021, une enveloppe issue des fonds européens de relance a permis à l’ATC de proposer un accompagnement pris en charge à 100% pour les hébergeurs. Des bureaux d’études spécialisés ont ainsi été mobilisés pour suivre chaque professionnel, de la candidature jusqu’à l’obtention du label : montage du dossier, formation, mise en conformité… un soutien complet, sur mesure.

Ce dispositif a produit des résultats immédiats, permettant de multiplier par cinq le nombre d’établissements écolabellisés en Corse en quelques années.

Dans un second temps, l’ATC a pérennisé cette dynamique en mettant en place une aide structurelle :

  • un accompagnement financé à hauteur de 80 %,
  • ainsi que des aides à l’investissement pour adapter les établissements aux exigences du label (équipements énergétiques, gestion des ressources, etc.).

Une approche globale, qui ne se limite pas à l’intention mais qui donne aux professionnels les moyens concrets de s’engager.

Comme le souligne Jean-Louis Moretti, cet accompagnement est inédit. La Corse fait figure de territoire pionnier en ayant structuré un suivi aussi complet, combinant ingénierie, financement et suivi dans la durée.

Un réseau actif toute l’année, renforcé par une rencontre annuelle

Le Club des écolabellisés ne se limite pas à une réunion annuelle. Il repose sur un fonctionnement en deux temps.

D’un côté, un lien permanent est maintenu entre les membres grâce à des outils numériques permettant d’échanger au quotidien, notamment entre établissements déjà labellisés et candidats.

De l’autre, une rencontre annuelle en présentiel vient renforcer cette dynamique.

Jean-Louis Moretti en explique la logique :

« Les gens ont besoin, à un moment donné, de se voir. Cette rencontre annuelle, on l’a transformée pour prendre plus de temps, faire des visites et échanger. »

Ce format a évolué avec le temps. 

D’une demi-journée initialement, il s’étend aujourd’hui sur deux jours :

  • une première journée dédiée aux visites de terrain,
  • suivie d’un temps de convivialité,
  • puis une journée de travail et d’échanges.

Une approche immersive, qui permet de confronter les pratiques et de partager des solutions concrètes.

Visite chez les écolabellisés “De bulle et d’écorce”

Parmi les temps forts de la rencontre 2026, les participants ont pu visiter l’hébergement De bulle et d’éCorce, un projet singulier en pleine nature.

Anne-Marie Piazzoli en souligne le caractère exemplaire :

« Ce sont vraiment des exemples hyper inspirants. Tout est pensé : récupération des eaux, énergie solaire, circuit court… On est dans une maîtrise totale des ressources. »

Ce type de visite permet aux professionnels de se projeter concrètement dans des démarches écoresponsables, au-delà des discours.

Comme elle le rappelle également : « Ça nous permet de prendre des idées et de pouvoir les transmettre aussi à nos propres hébergeurs. »

Le Club des écolabellisés joue un rôle central dans la structuration d’un réseau d’acteurs engagés.

Ils s’adressent à la fois aux écolabellisés existants – qui peuvent échanger les bonnes pratiques – mais aussi à ceux qui souhaitent entrer dans la démarche.

Cette logique de pair-à-pair est essentielle. Elle permet d’accélérer les démarches de labellisation, de mutualiser les expériences et de renforcer la cohérence globale de l’offre.

Du tourisme durable au tourisme régénératif

Les échanges ont également porté sur les évolutions du modèle touristique, notamment à travers les travaux du programme européen Regenera4med. 

Jean-Louis Moretti résume cette transition :

« On n’est plus seulement à la recherche d’un équilibre, on est dans l’utilisation du tourisme pour régénérer les territoires. »

L’objectif est désormais d’aller plus loin que la simple réduction des impacts, pour tendre vers un tourisme capable de produire des effets positifs, notamment sur l’environnement, mais aussi sur l’économie locale et les équilibres sociaux.

Cette réflexion s’inscrit dans une vision plus large du tourisme en Corse. 

Contrairement à d’autres destinations fortement marquées par un modèle de tourisme de masse, le territoire repose historiquement sur des structures à taille humaine : petites unités d’hébergement, offre diffuse, ancrage local fort.

Un modèle qui constitue aujourd’hui un véritable atout.

Comme le souligne Jean-Louis Moretti, cette configuration permet encore d’envisager une trajectoire maîtrisée :

« La Corse possède une chance exceptionnelle : celle d’être parmi les territoires où tout reste encore possible. »

Autrement dit, le territoire n’est pas confronté aux mêmes contraintes que certaines destinations où les équilibres sont déjà fragilisés, voire irréversibles.

Le tourisme régénératif s’inscrit ainsi comme une évolution naturelle de ce modèle : un tourisme qui ne se contente pas de limiter ses impacts, mais qui contribue activement à améliorer le territoire.

La puissance du collectif

Le Club des écolabellisés s’impose aujourd’hui comme un outil structurant pour accompagner la transition du tourisme en Corse.

À travers des rencontres concrètes, des échanges entre professionnels et une vision partagée, il contribue à faire émerger un modèle touristique plus responsable, mais aussi plus performant à long terme.

Pour la destination Calvi-Balagne, engagée dans cette dynamique, l’enjeu est désormais de poursuivre cette mobilisation collective et de valoriser les initiatives qui font la richesse et la singularité du territoire.

Laisser un commentaire