
La saison touristique 2025 vient de livrer son verdict. Si le chiffre brut impressionne, il occulte une réalité bien plus complexe et stratégique pour les acteurs du secteur. Avec 10 millions de nuitées enregistrées dans l’hébergement marchand collectif entre avril et septembre, l’Île de Beauté franchit un cap historique.
Pourtant, l’enseignement majeur de cette année ne réside pas dans le volume, mais dans la mutation profonde du modèle touristique insulaire.
- Une saison qui s’étire : la fin du « tout-été » ?
Les données publiées par l’INSEE confirment une tendance lourde : le lissage de la saisonnalité. On observe un renforcement marqué des ailes de saison (printemps et automne) au détriment du traditionnel pic de fréquentation du cœur de l’été.
Cette évolution est le fruit d’une stratégie de long cours portée par l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC), visant à :
- Réduire la pression environnementale sur les sites sensibles.
- Améliorer les conditions d’accueil et l’expérience client.
- Pérenniser les emplois sur une période plus longue.
- Un profil de clientèle en mutation
Au-delà de la masse, c’est la structure de la demande qui évolue. La diversification des clientèles progresse, avec une montée en puissance des hébergements marchands structurants (hôtellerie de plein air haut de gamme, résidences de tourisme). Ce glissement témoigne d’une recherche de qualité et d’une offre qui s’adapte aux nouveaux standards européens. - Le paradoxe de la rentabilité : volume vs marges
Si les voyants de la fréquentation sont au vert, la vigilance reste de mise pour les professionnels. Plus de visiteurs ne signifie pas automatiquement une meilleure santé financière. Le secteur fait face à un « effet ciseau » redoutable :
- Hausse généralisée des coûts (énergie, matières premières, masse salariale).
- Marges sous tension, limitant les capacités d’investissement immédiates.
- Nécessité de maintenir des prix compétitifs face à une concurrence méditerranéenne agressive.
















Laisser un commentaire